73 % de l'extraction mondiale. 75 % du raffinage, ailleurs. 95 % exporté brut. Et potentiellement des milliers de tonnes d'uranium dans les cargaisons.
L'ITIE-RDC indique pour 2023 environ 140 000 tonnes de cobalt produites, pour une valeur de production d'environ 5,1 milliards de dollars. Le secteur minier représentait environ 5,61 milliards de dollars de revenus publics et flux déclarés.
La Chine a fait ce que l'Afrique n'a pas encore fait : construire une industrie autour de minerais qu'elle ne possède pas. Elle achète, transforme, intègre. Le cobalt congolais entre dans un système où la valeur ne réside pas dans la mine.
Amnesty International et l'IBGDH ont documenté des expulsions forcées, violences et déplacements de communautés liés à l'expansion de mines industrielles de cobalt en RDC.
Glencore, de son côté, a obtenu la certification Copper Mark pour KCC et Mutanda en 2025. Les deux réalités coexistent. Notre travail consiste à les confronter.
Manzuk & Philippe (Wisconsin-Madison / Princeton) estiment qu'entre 2 000 et 5 000 tonnes d'uranium naturel ont été exportées dans des cargaisons d'hydroxyde de cobalt entre 2000 et 2024. Moins de 10 % déclaré. ~65 % vers des entreprises chinoises.
Elle ne démontre pas qu'un gouvernement ou une entreprise a délibérément organisé un trafic. Ce sont des estimations scientifiques de flux, pas des preuves de trafic volontaire.
En revanche : un problème majeur de traçabilité, de contrôle radiologique et de comptabilité nucléaire est établi.
En 2025-2026, la RDC a mis en place des quotas d'exportation : 96 600 tonnes/an, dont 9 600 de quota stratégique. L'AIE note que cette décision a créé un déficit potentiel de l'offre mondiale.
Le Congo commence à comprendre son pouvoir de négociation. Mais contrôler les volumes n'est pas contrôler la valeur.
La RDC domine l'extraction (~73 %). La Chine domine le raffinage (~75 %).
CMOC contrôle TFM (80 %) et KFM (71,25 %). Glencore reste un acteur majeur.
95 % du cobalt congolais part brut. La transformation locale reste marginale.
2 000 à 5 000 tonnes d'uranium potentiellement exportées sans contrôle en 24 ans.
Des quotas d'exportation sont en place depuis 2025.
Des atteintes graves aux droits humains ont été documentées dans certaines zones minières.
Nous ne pouvons pas affirmer que la Chine a organisé un trafic clandestin d'uranium. Ni que toutes les entreprises violent les droits des communautés. Ni que les estimations scientifiques constituent des preuves de trafic volontaire.
C'est une compétition pour sécuriser une ressource stratégique. La Chine défend ses intérêts. L'Europe défend les siens. Les États-Unis défendent les leurs. Chaque puissance arrive avec une stratégie industrielle.
Nous arrivons encore trop souvent avec une stratégie d'exportation.
Le Congo n'est pas pauvre en cobalt. Il est insuffisamment puissant dans la chaîne de valeur du cobalt. Cette différence est fondamentale.
La souveraineté ne consiste pas à posséder le minerai sous nos pieds. Elle consiste à posséder les compétences, les technologies, les capitaux, les usines, les données et les entreprises capables de transformer ce minerai en puissance économique.
Et peut-être que le véritable scandale n'est pas que le monde convoite le cobalt congolais.
Le véritable scandale serait que nous continuions à le lui vendre sans avoir décidé de ce que nous voulons construire avec.
Niger. France. Chine. Russie. Contrats. Stocks. Souveraineté.
Ce dossier décrypte et contextualise des données publiques et des enquêtes internationales pour le citoyen africain. Nous distinguons les faits vérifiés, les estimations scientifiques et nos analyses éditoriales.